RETOUR

Privilèges exorbitants et anachroniques de la famille royale en Belgique                                                                                                                                      

samedi 3 février 2007
par Guillaume


 

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Les RG ont recensé 70 000 cas de violences urbaines depuis janvier
Les Pays-Bas veulent interdire le port de la burqa
Le principe du resquilleur : comment les privilèges sont subventionnés
Forum social européen : pas de Ben Laden, mais c’est tout comme...
Pour un salaire minimum digne
Démocratie officielle / démocratie réelle
De la Marseillaise
L’application de la charia en France
Guerre d’Irak : 100 ans en arrière, mille en avant ?
Émile ou l’épuration 

Le Roi des Belges Albert II a trois enfants : le prince Philippe, sénateur de droit à vie, général-major (amiral de division), la princesse Astrid, sénatrice de droit à vie, Colonel du Service médical de l’armée, et le prince Laurent, sénateur de droit à vie, et Capitaine de Vaisseau. La Belgique comporte 14 princes et princesses de sang royal, dont 11 et bientôt 12 sont des petits-enfants du Roi Albert II. Tous ces titres sont immérités et n’ont été attribués que parce qu’ils sont princes et princesses de sang royal. On adresse la parole à une Altesse royale en disant « Monseigneur », titre qui vaut aussi pour les évêques et évêques-adjoints.

Ils sont sénateurs à vie sans être élus. Ils sont nommés officiers supérieurs dans l’armée belge, sans examens en rapport avec ces hauts grades. Pour ne donner qu’un exemple, le prince Laurent entre en 1977 au Collège Pie X d’Anvers, à 14 ans, il y recommence pour la 3e fois sa première année secondaire, et obtient un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur en 1980 à quelques mois de ses 17 ans. (1)

Ces divers titres immérités pourraient encore se justifier pour l’héritier présomptif du trône tant qu’il n’y a pas un « président protocolaire » en Belgique, mais pas pour une princesse 5e et bientôt 6e dans l’ordre de succession au trône, et un prince 11e et bientôt 12e dans l’ordre de succession. Aucun pays européen n’est aussi généreux avec la monarchie qu’en Belgique. C’est la plus coûteuse d’Europe. Aucun pays européen n’entretient tous les enfants des Reines ou des Rois européens, sauf la Belgique.

Les enfants du Roi sont protégés de diverses façons pour qu’il soit pratiquement impossible de les poursuivre. Comme ils sont sénateur à vie, ils bénéficient de l’immunité parlementaire à vie, ce qui est une première protection extrêmement importante.

Comme ils sont de sang royal, l’article 510 du C.I.C (2) précise que les princes ou princesses de sang royal ne pourront jamais être cités comme témoins, même pour les débats qui ont lieu en présence du jury, si ce n’est dans le cas où le Roi, sur la demande d’une partie et le rapport du Ministre de la Justice, aurait, par un arrêté spécial, autorisé cette comparution. (Voté ainsi par L.10.07.1967, art.1, 209). Les articles 511 à 512 du C.I.C. déterminent aussi de quelle façon ces auditions peuvent se dérouler. Que de tels privilèges existent encore au 21e siècle fait évidemment penser à une justice de classes.

Le 11 janvier 2007, le prince Laurent devait comparaître devant le Tribunal correctionnel de Hasselt, comme témoin dans un procès de fraude à l’armée belge pour s’y expliquer sur des travaux et les fournitures effectués dans la villa qu’il occupe, et qui ont été payés avec l’argent détourné du budget de la Marine. (On cite dans les médias des chiffres de 175.000 à 396.629 euros ou 7 à 16 millions de FB), mais le chiffre que le tribunal retiendra probablement serait de 175.000 euros. La présidente du Tribunal a d’abord demandé au prince Laurent 11e dans le degré successible au trône : « Monseigneur, puis-je vous appeler Monsieur ? » Bon prince, il ne pouvait refuser cela. Le prince n’a été cité que « in limine litis », comme témoin au procès alors que pendant 6 ans ni le procureur ni le juge d’instruction n’ont procédé à son audition. Le procureur du Roi s’y opposa par tous les moyens, invoquant même à tort que l’Arrêté royal autorisant le témoignage du prince était illégal. Dans le procès-verbal d’audition, « feuille d’audition » du 8.1.2007 à 2130, le prince a déclaré : « Wanneer de vertrouwensman die mij werd aangewezen door het paleis en die ik volledig vertrouwde, mij zei dat de zeemacht de kosten zou dragen voor de inrichting van de woning te Tervuren, had ik geen enkele reden om te twijfelen aan de legitimiteit van deze handelwijze. Op uw vraag of de toenmalige stafchef van de krijgsmacht of de Marine op de hoogte was van de handelwijze van de heer Vaessen antwoord ik dat ik mij dit niet herinner. Vaessen deelde mij mede dat hij dit kon regelen bij de marine. » (3) Traduit par nous : « Quand l’homme de confiance qui m’a été désigné par le Palais et dans lequel j’avais entière confiance, m’a dit que les frais pour l’aménagement de la résidence de Tervuren, seraient supportés par la Marine je n’avais aucune raison de douter de la légitimité de cette façon d’agir. À votre question si le chef de l’État-major des forces armées ou de la Marine était au courant de cette manière d’agir de Monsieur Vaessen, je réponds que je ne m’en souviens pas. Vaesen m’a communiqué qu’il pouvait régler cela à la Marine. »

Le prince a dit souvent à la présidente en guise de réponse aux questions qu’elle posait : voyez ma réponse dans le procès-verbal de mon audition. Pareille façon d’agir d’un témoin n’est tolérée que parce qu’il est « prince », un autre témoin serait illico presto mis en garde de répondre à la question posée. Cela évite évidemment qu’il puisse commettre verbalement et publiquement une erreur embarrassante.

À la T.V. flamande (Canvas), un des prévenus, Marc Luypaerts, a déclaré que le nom du prince ne pouvait pas être divulgué (sur ordre) du juge d’instruction. J’avais une interdiction formelle de parler ou j’aurais été emprisonné (4), a-t-il déclaré publiquement. L’enquête a traîné anormalement durant 6 ans et le nom du prince n’est apparu publiquement que récemment, mais vu les déclarations de Marc Cluypaerts, on comprend que le nom du prince resta secret pendant six ans. Inutile de dire que le « délai raisonnable » dont question à l’article 6.1 de la CEDH est largement dépassé. Ni le tribunal ni le procureur n’ont justifié la lenteur de la justice dans cette affaire. Quand se terminera cette affaire s’il y a appel ?

La réponse du prince est contradictoire, idiote et inacceptable, parce que le prince n’est pas débile au point de ne pas savoir que l’argent de la Marine doit être affecté à la Marine et non pas détourné à l’ameublement et à l’embellissement des châteaux et villas des princes de Belgique pour satisfaire leur goût de luxe. Le prince peut raconter tout ce qu’il veut à condition de ne pas prendre les citoyens pour des imbéciles. On sait que les princes et princesses de Belgique ne brillent pas par leur intelligence, mais le prince Laurent devait savoir que l’argent de l’armée ne sert pas à satisfaire ses goûts de luxe privés. Le prince n’ignore pas que la Villa Clémentine appartient à la Dotation royale (5) chargée de son entretien et de son embellissement et que cette tâche n’incombe pas à l’armée belge. Prétendre le contraire serait ridicule. Comment peut-il déclarer alors qu’il ne doutait pas de la légitimité de l’origine des fonds dès lors qu’ils provenaient de la Marine ? Il y avait illégalité flagrante et manifeste compréhensible de prime abord par n’importe qui, et par conséquent, il devait refuser que l’armée investisse 170.000 euros dans la villa Clémentine pour son bien-être et son luxe. Le comble c’est que certains politiciens annonçaient déjà avant le début du procès que le prince Laurent n’avait rien à se reprocher.

Qu’il ignore le « modus opérandi » utilisé par les prévenus pour détourner l’argent de la Marine, est en l’espèce possible, mais inopérant et sans pertinence, dès lors que le prince savait que l’argent provenait du budget de l’armée et non de la Dotation royale. Par le seul fait que l’argent venait de la Marine, le prince devait savoir que les fonds affectés à son bien-être et son luxe personnel avaient une origine délictueuse. Un raisonnement contraire nous apprendrait que l’argent de la Marine peut servir à meubler et embellir les palais ou les villas des princes. C’est tout simplement inimaginable et absurde. La réponse du prince est donc absurde et inacceptable. Si les travaux et les fournitures sur le budget de la Marine avaient eu lieu dans la Villa d’un simple citoyen, aurait-on accepté aussi de ce citoyen la réponse qu’il trouvait cela légal ?

Dès lors que l’argent provient d’une origine illicite, in casu l’argent détourné du budget de l’armée, cela est suffisant en droit pour caractériser une infraction, notamment celle de recel lorsqu’on bénéficie de l’argent détourné. Voilà le raisonnement logique que tout citoyen ayant des notions de droit pénal tiendrait, mais c’est le parquet (qui raisonne autrement) et le tribunal qui sont compétents pour établir la culpabilité et le prince reste innocent bien sûr puisqu’il n’a été cité qu’en qualité de témoin.

Il ne peut être question de laisser exister une législation anachronique, qui protège ainsi les enfants du Roi y compris le prince héritier du trône. Seule la personne du Roi est inviolable, et ses ministres sont responsables, précise la Constitution (6). Les enfants du Roi doivent se soumettre comme tous les citoyens au droit commun, sans règles particulières en leur faveur, sinon ils sont protégés comme dans l’Ancien Régime, et on empêche la justice d’agir comme à l’égard des autres citoyens.

La loi fixe la liste civile du Roi pour la durée de chaque règne (7). La loi du 6 novembre 1993 fixant la Liste Civile pour la durée du règne du Roi Albert II stipule : Article 6. Les habitations royales sont mises à la disposition du Roi à charge par la Liste Civile de pourvoir à leur entretien intérieur et à leur ameublement. Le combustible nécessaire au chauffage du Palais de Bruxelles sera fourni par l’État fédéral. Par « habitations royales », il faut entendre actuellement : le Palais de Bruxelles, le Château de Laeken (voir http://www.monarchie.be/fr/visit/palace/index.html). Aucune liste civile n’est prévue normalement pour les princes et princesses, mais dans la pratique il en va tout autrement.

Dans le budget 2007, la Dotation royale est fixée comme suit : Ensemble du financement (liste civile et dotation) représente 12.542.000 euros (plus d’un demi-milliard de FB). Le Roi touche 9.542.000 euros (384.923.000 FB) ; la veuve du Roi Baudouin, 1.444.000 euros (58.250.815 FB) ; le prince Philippe 924.000 euros (37.274.067 FB) ; la princesse Astrid 320.000 euros (12.908.768 FB) ; le prince Laurent 312.000 euros (12.586.048 FB). Ces sommes ne sont pas imposables, c’est du net, ce que les citoyens ignorent généralement, alors que les citoyens perdent 50 % de leur petit salaire en impôt sur le travail. Brut, ces sommes sont donc encore plus astronomiques, puisqu’il faut les multiplier par deux. On pourrait déjà commencer par soumettre ces princes au même régime fiscal que les travailleurs, cela diminuerait déjà de la moitié leur gros magot pour lequel ils ne font rien qu’un peu parader occasionnellement.

Il faut aussi que le Gouvernement cesse de payer des voyages inutiles sur le compte de l’État au prince Philippe et sa femme pour accompagner des missions économiques en Chine, en Russie, et dans d’autres républiques. Tout le monde sait que ces pays-là ne vont signer aucun contrat parce que le prince Philippe accompagne la mission économique, avec toute la maladresse qu’on lui connaît. Sans parler de son incompétence, de son ignorance. Ce sont donc des voyages d’agrément injustifiés à nos frais, dans des hôtels luxueux, pour lui et sa femme. Lorsque le prince prolonge même son séjour dans un pays après le départ de la mission, l’État paie les factures parce que ce serait comme un manque de respect de les lui transmettre, a dit, si mes souvenirs sont bons, le président de la Cabre.

Toute la famille royale (le Roi, ses enfants, et l’ex-femme du Roi Baudouin) sont logés et chauffés gratuitement dans plusieurs palais ou châteaux, parmi lesquels le Palais de Bruxelles et celui de Laeken : le château du Belvédère, château du Stuyvenberg, château de Ciergnon, château de Fenffe, la Villa Clémentine, une résidence à Tervuren. Tant qu’il existe une monarchie en Belgique, la mise à disposition gratuite d’un palais ne peut se concevoir que pour le Roi et une grande villa suffirait amplement pour le successeur au trône. Que les enfants du Roi habitent luxueusement et gratuitement dans un palais et touchent une dotation énorme est inacceptable. La dotation du Roi, celle de l’héritier présomptif du trône, et celle de l’ex-femme de feu le Roi Baudouin, sont démesurées en comparaison avec la situation des autres Rois, Reines ou princes héritiers en Europe. Il est aussi inacceptable, les médias y ont fait allusion, que le chef de cabinet du Roi soit payé par l’État, malgré la somme astronomique de la dotation royale.

Pour mieux faire comprendre pourquoi il faut que la situation change en Belgique voici deux exemples : La femme de feu le Roi Baudouin, Fabiola, âgée de 79 ans, qui n’a jamais été Reine, mais appelée néanmoins ainsi, habite non seulement gratuitement dans un palais, mais touche une pension astronomique de 1.444.000 euros par an. Le Roi Baudouin étant mort depuis le 31.07.1993, elle a déjà touché environ 18.393.800 euros (741.971.780, 00 FB) sans l’intérêt colossal qu’une telle somme rapporte. Vu que feu le Roi Baudouin et son épouse ont touché pendant des dizaines d’années des dotations astronomiques, il est évident que la femme du Roi n’avait pas besoin de se voir octroyer une pension aussi scandaleusement élevée. L’État avait enrichi le couple plus qu’assez. Dans trois ou quatre ans environ, cette femme pensionnée aura touché environ 24.789.000 euros (ou 1 milliard de FB).

Il faut savoir que la pension légale moyenne en Belgique est de 866,30 € bruts par mois selon le calcul effectué par la Deutsche Bank. Je connais des couples pensionnés qui doivent vivre avec 917 € et des indépendants ou des isolés, qui touchent 520 € par mois. Comparez cela à la pension de la veuve du Roi et vous aurez compris que cela n’est pas tolérable.

La dotation royale et la pension de la veuve de l’ex-Roi ne font qu’enrichir encore plus la famille royale chaque année, tandis que l’État vend tous ses derniers biens publics pour combler les trous annuels de plus en plus profonds, dans le budget fédéral, parce que nous dépensons de trop.

Dans un document de la Chambre des Représentants du 2.5.2002 intitulé « Proposition de loi supprimant les dotations allouées à certains membres de la famille royale » (resté sans effet), nous trouvons le texte suivant concernant la fortune de la famille royale belge, dans l’exposé des motifs (8) : « La famille royale belge n’est pas précisément dans le dénuement. Les biens personnels de la famille royale sont considérables. Officiellement, la fortune personnelle du Roi Albert est estimée à 12,5 millions d’euros. » Cette version officielle « oublie » complaisamment certains biens immobiliers. Or, à la mort du Roi Baudouin, 300 millions d’euros (12 milliards de FB) étaient placés dans des banques à l’étranger, et ce, afin d’éviter les droits de succession très élevés en Belgique. Des publications étrangères font même état d’une fortune familiale de près de 2,5 milliards d’euros. La firme britannique Eurobusiness évaluait la fortune de la famille royale belge à 2,2 milliards d’euros, et celle du Roi Albert II à 620 millions d’euros (9). Le yacht Alpa III du Roi (1,5 million d’euros ou 60 millions de FB) est, comme le dirait le ministère des finances, « un signe extérieur de richesse ». L’hebdomadaire « Humo over de doofpotten van Laken » (« Les étouffoirs de Laeken ») signale qu’en 1984 les policiers avaient trouvé au cours d’une perquisition des centaines de comptes bancaires secrets relatifs à des milliards cachés à « la générale de Banque ». Parmi ces comptes, certains auraient été au nom du prince Albert et du Roi Baudouin. Selon cet article, le procureur général de Bruxelles Honsté en personne serait venu sur place « stopper » immédiatement la perquisition en cours et imposer le secret total relatif à cette découverte (10).

L’« exposé des motifs » évoqué ci-dessus, figurant dans un texte d’une proposition de loi, devrait pouvoir être considéré comme sérieux, vu que celui-ci semble confirmé par d’autres sources. Et si feu le Roi Baudouin avait 300 millions d’euros (12 milliards de FB) - sur ses comptes à l’étranger pour échapper aux droits de succession, il faut supposer que la famille royale héritière de cette fortune en ait normalement bénéficié. Quand on lit alors dans les journaux que le prince Laurent, à un certain moment, n’avait plus d’argent pour s’acheter un pain, on se demande de qui on se moque ? Est-ce que son père et sa mère, auraient interdit de mettre un couvert en plus au palais pour que son pauvre fils affamé puisse manger avec eux, alors qu’ils ont si souvent de nombreux invités ?

La dette fédérale seule de la Belgique s’élève à 281.375.071.366 euros et le Gouvernement vend tous les biens publics y compris les ministères et les palais de justice, etc. pour survivre encore quelque temps. On essaie par tous les moyens de tromper les citoyens en faisant croire que ces princes ont des activités utiles. Ainsi pour « occuper » le prince Laurent parce qu’il s’ennuyait et pour lui trouver des ressources sur le dos du contribuable, on créa en 1994 l’I.R.G.T (11) une ASBL financée par les trois États-Régions du Pays et des dons. Ainsi, il obtenait un revenu de 24.789,35 euros (ou 1 million de FB par mois) à l’insu des citoyens. Ce « machin » reçoit environ 743.680 euros par an de subsides directs et indirects + les dons éventuels alors que cet Institut a été créé inutilement pour faire croire à la population que le prince Laurent travaille et qu’il est utile. Le prince Laurent, 11e dans l’ordre de succession au trône, bénéficie depuis le 1.7.2001 d’une dotation officielle de 272.682,88 euros non imposable et indexée (actuellement 312.000 euros). Sa dotation déguisée à l’IRGT a été supprimée, mais il y touche encore 17.350 euros par an (699.897 FB), ce qui fait au total par an avec sa dotation 329.350 euros ou (13.285.946 FB) plus la villa Clémentine mise gratuitement sa disposition.

Deux cent septante-sept policiers de la police assurent la protection personnelle des membres de la famille royale, la surveillance des résidences et domaines royaux, de même que la surveillance des biens qui appartiennent aux membres de la famille royale. On confère à un nombre limité de membres du personnel de service de sécurité du Palais royal, la mission exclusive et permanente de chauffeur attitré des membres de la famille royale. Ce chiffre est si élevé parce que la surveillance s’étend à tous les enfants du Roi dans les différents palais. Le système informatique dans les palais est à la charge de l’État, et tout transport aérien est gratuit. Le Palais royal envoie sa correspondance gratuitement. Le Roi est exempté de taxes sur l’achat de voitures et le carburant utilisé.

Pour un petit pays comme la Belgique, ces charges sont démesurées, et s’il n’y avait qu’un président protocolaire à surveiller dans un palais protocolaire on épargnerait des dizaines de millions d’euros et cela mettrait fin à un système d’Ancien Régime maintenu artificiellement en vigueur.

Le premier ministre fédéral ne gagne pas la moitié d’un prince qui se trouve 11e dans l’ordre de succession pour ne rien faire et il ne gagne pas le 1/10 de la pension octroyée à la veuve du Roi Baudouin, qui a 79 ans.

En tant que citoyen belge, je ne peux accepter ces privilèges et avantages royaux démesurés, excessifs, dans un pays surendetté où chaque euro du contribuable devrait être dépensé parcimonieusement pour éviter les trous énormes dans le budget de l’État et diminuer la dette fédérale astronomique qui nous accable et menace la survie de la sécurité sociale et la survie même de la Belgique tout court. Dans la proposition de loi relative au financement des membres de la famille royale, on lit qu’en Grande-Bretagne (60 millions d’habitants), le montant des dotations s’élève à 12,8 millions pour la reine Élisabeth ; 0,6 million d’euros pour le prince Philippe. Le prince Charles ne reçoit rien. En Suède, seul le roi reçoit une dotation (4,5 millions d’euros). Dans toutes les autres maisons royales, les enfants royaux exercent notoirement une profession ou vivent de la fortune de leurs parents. Aux Pays-Bas, les dotations s’élèvent à 6,7 millions d’euros, dont 3,6 millions pour la reine Béatrix (Les Pays-Bas ont 16 millions d’habitants et la Belgique 10 millions, mais le Roi Albert II touche 9.542.000 euros), et 0,8 million pour le prince héritier, Willem Alexander (le prince Philippe de Belgique touche bien plus : 924.000 euros, alors que la Belgique compte 6 millions d’habitants en moins). À part l’héritier du Trône, les autres enfants de la reine Béatrix ne touchent rien (12).

En Belgique, il est temps que les enfants du Roi vivent soit de la fortune énorme de la famille royale, soit d’une occupation professionnelle, au lieu de parasiter les comptes de l’État. Certains politiciens font croire que les princes ne peuvent pas travailler en Belgique. C’est tout à fait faux. La Constitution ne mentionne rien au sujet des princes et ne prévoit de liste civile et d’immunité pénale et civile que pour le Roi. La Constitution est une monarchie parlementaire dont le Roi est le chef de l’État, mais elle ne dit rien au sujet de sa femme. C’est à tort qu’elle est appelée Reine des Belges. Lorsque la Belgique aura comme chef d’État une femme, elle sera légalement la Reine, mais son mari ne sera pas appelé « Roi des Belges, mais prince-époux.

Il y aura bientôt 15 princes et princesses de sang royal en Belgique. Tous ceux qui ne reçoivent pas une dotation devront vivre de la fortune royale ou travailler. Pourquoi la princesse Astrid et le Prince Laurent feraient-ils exception ? À la mort d’Albert II, ils ne seront plus que frère et sœur du Roi Philippe. Leur dotation doit être supprimée, et il ne peut être question de mettre un château ou une luxueuse villa à leur disposition. La suppression de cette dotation n’ébranle nullement la monarchie comme certains veulent nous le faire croire. On ne voit guère en quoi elle en serait ébranlée ? Ceux qui demandent la suppression de ces privilèges invraisemblables sont accusés de complot contre la monarchie et traité de “fascistes”. Le Prince Laurent aurait selon les médias une Villa en Italie de plus d’un million d’euros, il ne sera donc pas SDF.

La monarchie est, cela va de soi, un système antidémocratique. La famille royale est tellement catholique qu’elle ne se rend pas compte jusqu’à quel point le Roi n’est pas le Roi de tous les Belges. Le refus de signer la loi sur l’avortement par feu le Roi Baudouin, sa “morale chrétienne” s’y opposant, est un exemple flagrant de l’intégrisme catholique de la famille royale. Ce Roi, de par la Constitution, doit impérativement ratifier les lois, mais refusa de le faire pour la loi sur avortement, violant ainsi le serment qu’il avait fait d’obéir à la Constitution et aux lois du peuple belge. Quant on lit alors dans l’hebdomadaire Humo que feu le Roi Baudouin a demandé personnellement au professeur Rudy Bogaerts, précepteur du prince Laurent, d’arranger l’avortement d’une fille d’un médecin flamand, que le prince Laurent avait mise enceinte, et que cela s’est déroulé selon ce professeur, dans un hôpital catholique à la Côté belge, on sait que la “conscience très catholique” du Roi, était à géométrie variable. Ce Roi qui se levait la nuit pour prier et qui refusait l’avortement aux pauvres femmes en état de détresse sociale parce que sa “conscience catholique” l’empêchait, n’avait donc pas d’objection de conscience lorsqu’il s’agissait de sortir le prince Laurent d’un pétrin, pour éviter que le sang royal et noble ne soit mélangé avec au sang roturier (13). Le professeur Rudy Bogaerts, membre de « Pro Vita » va-t-il empêcher la canonisation de feu le Roi Baudouin par ses révélations ?

L’Église catholique a toujours eu un grand impact sur la monarchie et la bondieuserie royale excessive témoigne d’un manque de réserve et de neutralité dans la fonction, ce qui choque les croyants d’une autre religion et les non-croyants. Le Prince Philippe ne cache pas son mépris pour les libres-penseurs qu’il qualifie selon le journaliste Douglas De Coninck de « dangereux » (14). Il a été élevé dans une atmosphère religieuse catholique contraignante et c’est peut-être à cause de ce manque d’éducation pluraliste, qu’il est devenu un homme complexé, timide et anxieux. Même sa femme serait membre de l’ordre de Malte tout comme ils font partie du « mouvement charismatique ».

Les politiciens défendent la monarchie en prétendant que celle-ci est indispensable à l’unité du pays. La séparation de la Belgique n’avantagerait aucune des deux communautés et j’y suis personnellement tout à fait opposé. Alors qu’on parle d’européanisation (U.E.), de globalisation, de mondialisation, nos politiciens ne parlent que de régionalisation, fédéralisation à outrance et les extrémistes du VB et NV-A de séparation dans leur propre intérêt, mais pas dans celui des citoyens belges.

L’unité du pays est nécessaire, mais aussi réalisable dans une République. La Belgique unitaire avec un gouvernement paritaire fonctionnait beaucoup mieux que maintenant avec 6 gouvernements et 7 parlements et la multiplication par trois des ministres, des parlementaires et des fonctionnaires à cause d’une régionalisation complexe, inextricable et ruineuse.

Je peux dire à ces politiciens qu’il y a une solution très facile à la suppression de la monarchie sans porter atteinte à l’unité du pays fédéré. Il suffit d’inscrire dans la Constitution belge que celle-ci est une République et que le président protocolaire, doit être alternativement un francophone ou un néerlandophone, bilingue, nommé pour quatre ans. Les deux communautés peuvent facilement accepter ce système d’alternance entre francophones et néerlandophones pour occuper le poste de chef d’État (protocolaire), aucune des deux communautés n’étant lésée. Nous disposons actuellement de politiciens francophones qui sont de bons bilingues et il n’y aurait donc aucun obstacle de ce côté. Cela mettrait fin à une institution monarchique archaïque et aussi à l’entretien de tous les enfants du Roi dans leurs palais, châteaux ou villas, comme au temps de l’Ancien Régime. Un seul parlement présidentiel suffirait, et une seule personne rémunérée : le président protococolaire.

Guillaume.                                                     RETOUR


1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_de_Belgique

2. Code d’Instruction criminelle.

3. Procès-verbal n° 116/dd. 8.1.2007 - notietienummer parket Hasselt : HA 21.97.630/00 du 8.1.2007 à 21h30

4 Le parquet de Hasselt protégerait le prince Laurent Mise en ligne le 3-1-2007 15:10 http://admin.rtl.be/page/rtlinfo/articles/societearticle/227.aspx ?articleid=68134

5. La Dotation Royale est une institution publique autonome ayant une personnalité juridique et chargée de l’entretien des palais royaux, y compris la Villa de Tervuren occupée par le prince Laurent.

6. Constitution belge : La personne du Roi est inviolable ; ses ministres sont responsables. ttp ://www.juridat.be

7. Art.89 Constitution belge

8. Doc. Législ. N° 3-337. 1 Sénat de Belgique. Session 2003-2004. 17.11.2003

9. http://www.trends.be/articles/index.jsp ?articleID=42734§ionID=1455&siteID=4

10. Douglas De Coninck en « een speurder » in Humo, 16 januari 2007 http://lvb.net/item/4127

11. L’Institut royal pour la Gestion durable des Ressources naturelles et la Promotion des Technologies propres (IRGT)

12. Sénat de Belgique. Session de 2001-2002, le 1.3.2002 Proposition de loi relative au financement des membres de la famille royale.

13. Boudewijn regelde abortus voor Laurents Vriendinnetje (Baudouin régla un avortement pour l’amie de Laurent) Jan Antonissen in Humo 2.1.2007. http://lvb.net/item/4100

14. Voir Van de Prins gêne kwas